Agentique

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Ce qui tourne à trois heures du matin vaut plus que ce qui brille en démo.

Ce qui tourne à trois heures du matin vaut plus que ce qui brille en démo.

Ce qui tourne à trois heures du matin vaut plus que ce qui brille en démo.

On m'a montré beaucoup de démos ces derniers mois. Des agents qui répondent avec esprit, des tableaux de bord somptueux, des enchainements parfaits. La démo est un genre théâtral : le scénario est répété, les données sont propres, le cas est choisi pour briller. Aucun dirigeant ne devrait plus prendre une décision sur une démo, pas plus qu'on n'achète une maison sur la photo du salon.

Le critère qui compte est ailleurs : qu'est-ce qui a tourné cette nuit, sur vos vraies données, sans intervention humaine, et qu'a-t-on trouvé ce matin ? Un agent qui a traité quarante demandes nocturnes avec deux erreurs signalées et remontées proprement vaut infiniment plus qu'une démo parfaite. Parce que la valeur est là : dans la régularité silencieuse, dans la gestion des cas tordus, dans ce qui se passe quand la donnée d'entrée est sale, car elle l'est toujours.

D'où une règle simple pour vos prochains arbitrages : ne validez plus jamais sur démonstration, validez sur journal de nuit. Demandez les logs d'une semaine réelle : volumes traités, taux d'erreur, cas escaladés à un humain, temps de reprise. Un prestataire qui ne peut pas les produire vend du théâtre. Celui qui les pose sur la table sans qu'on les demande, gardez-le : il sait ce qu'est la production, et c'est la seule chose que votre compte de résultat reconnaîtra.

Aurélien Beguet · Fondateur de l’Atelier IA

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