Terrain
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Le scénario est toujours le même. Un directeur repère un cas d’usage, une démo impressionne le CoDir, un budget se débloque. Trois mois de mise en place, une formation, un lancement interne avec un joli nom. Puis le silence. Six mois plus tard, les licences tournent encore, mais plus personne ne se connecte. Le pilote est mort, et personne n’a prévenu la famille.
Ce qui a tué le pilote n’est presque jamais la technologie. C’est l’absence de trois décisions qui auraient dû être prises avant la démo. Qui porte le résultat, pas le projet : tant qu’un pilote n’a pas de propriétaire qui répond de son impact en comité de direction, il appartient à tout le monde, donc à personne. Qu’est-ce qu’on arrête si ça marche : un outil qui s’ajoute à la pile sans rien remplacer est une charge, pas un progrès. Et quel chiffre le fera vivre ou mourir : sans critère de survie posé au départ, le pilote ne meurt jamais officiellement, il s’éteint.
La bonne nouvelle : un pilote mort est un actif. Il a cartographié vos données réelles, révélé vos résistances réelles, formé quelques personnes. La question n’est pas de le pleurer mais de décider, cette fois dans le bon ordre. La décision d’abord, la démo ensuite.
Aurélien Beguet · Fondateur de l’Atelier IA
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